Entreprise et coronavirus : prendre avec philosophie la crise

Mis à jour : juin 9

À lire ou à écouter :

Rencontre avec Laura Lange, une philosophe pratique et pragmatique, de ce qui est essentiel pour préparer les prochaines semaines. Au programme, la notion de volonté, de direction et de sens. On lui laisse la parole :




Le monde d'après ne tient qu'à notre volonté.


C'est raisonnable de penser que le monde va changer si on s'investit et qu'on agit. Il faut se donner les moyens pour que le monde d'après soit différent de celui d'avant. Ca met en relief la notion de souhait qui est plus souvent à venir qu'à tenir. Il revient en permanence. Lors du jour de l'an j'ai souvent tendance à dire "je vous souhaite mes meilleurs veux" pour qu'on fasse preuve de plus de volonté et qu'on s'y tienne. Je m'interroge : comment le monde ne pourrait pas être différent avec ce qu'on vient de vivre _ qui est un épisode particulier, qui nous interroge. Pour le faire simple je me dis "comment peut on avoir été confiné à demeure et demeurer "con in fine". Je reste optimiste à ce sujet, j'espère qu'on va tous oeuvrer pour un monde meilleur.


Le podcast avec Laura Lange :



Demain nous devrons être bien dirigés.


De voir les trois heures de bouchon pour la ré-ouverture d'un Mc-Donalds, ça ne me donne pas la frite. C'est touchant et interpelant car c'est une chaine américaine qui incarne plutôt la mal-bouffe que la bonne bouffe, donc on est pas sur l'esprit français. On se retrouve à être confiné à plusieurs dans des voitures : on est loin de l'idée de s'aérer les méninges, de faire le ménage dans ses pensées ! Cela montre que beaucoup de gens n'agiront pas à leur échelle individuelle. Cette crise met en perspective les différentes échelles qu'elle soient individuelles, familiales, politiques. On est capable au niveau planétaire de se confiner à demeure parce que le politique nous le demande pour le bien vivre en commun mais on refuse ce même effort au niveau individuel pour limiter la vacuité de notre système sur-productiviste. Ce paradoxe est passionnant et montre que nous sommes prêts à suivre les directives qui donnent un sens.


On ne force pas une curiosité, on l'éveille.


On prend le pouls de certaines choses car on vit dans un monde qui a perdu en rythme avec le confinement. A force de vouloir avoir un coup d'avance on en arrive à s'y perdre et avoir du retard. Il faut qu'on continue à observer le monde, lever la tête du guidon. "Tous les malheurs de l'Homme vient du fait qu'il ne sait demeurer seul dans une chambre" : on en aura fait l'expérience. Être confronté à soi et se rendre compte qu'il y a beaucoup de choses qui ne sont pas utiles nous permet de faire le tri et se satisfaire indépendamment de ces choses inutiles. Philosopher c'est prendre la vie avec philosophie, c'est être acteur, c'est apprendre pour agir autrement. Ce n'est pas de l'intellectuel pur.


Le podcast avec Laura Lange :



Le rôle de l'entreprise doit être de donner le sens.


La notion de rôle renvoie à une notion d'histoire. On ne sait pas ce que va être demain et comme on peut le faire dans la vie, quand on est dans l'inconnu on se raconte des histoires pour se rassurer, se fédérer. Dans ce contexte de sortie de confinement on a besoin de clarté dans l'obscurité. Ce n'est pas inventé n'importe quoi c'est simplement et d'abord être clair sur ce qu'on ne sait pas. Il faut en revenir au récit, à la narration qui se construit par les mots. Revenir à un discours clair, fédérateur qui permet d'avancer dans le même bateau pour ramer tous ensemble. C'est à la direction et au dirigeant de construire le phare !

  • Facebook - White Circle
  • LinkedIn - White Circle
  • Twitter - Cercle blanc

WeeM est soutenu par :

© 2020 by WeeM