À l’origine de l’illectronisme

Aujourd’hui, nous vous invitons à un petit voyage… dans le temps. Sautez avec nous dans la Delorean, direction… 1882, au coeur de l’Assemblée Nationale. Vous arrivez au coeur d’un vote historique qui changera pour toujours notre pays : les députés viennent de promulguer la loi de l’école gratuite et obligatoire dès six ans. Un tournant législatif mais surtout social : dès lors, savoir lire, écrire et compter deviendra une base, un pré-requis indispensable pour chaque citoyen. 



Revenons à notre époque, et jouons maintenant au jeu des sept différences. Près de 150 ans plus tard, l’éducation nationale a bien rempli sa mission : dans notre pays, tout le monde sait désormais déchiffrer un texte ou en écrire un (même si l’illettrisme est aussi une réalité). En revanche, maintenant que les smartphones et tablettes ont remplacé les livres dans les mains du plus grand nombre, que proposons-nous en tant que société, pour lutter face à l’illettrisme numérique, autrement appelé illectronisme ?

Un nouveau langage à apprendre et maitriser 

La comparaison entre lecture et savoir-faire numérique n’est pas exagérée. Au même titre que la non-maitrise de la lecture, ne pas savoir utiliser les outils numérique constitue déjà, au moment même où vous lisez ces lignes, un motif d’exclusion sociale subie par certaines personnes. Et tout laisse penser que cette réalité s’amplifiera à l’avenir. Or, l’illectronisme concerne déjà 13 millions de personnes dans notre pays, colportant avec lui un cortège de souffrances et de frustrations à ne pas négliger. Chez WeeM, nous pensons que la bataille pour un numérique plus accessible doit se mener dès maintenant, avec des actes clairs et des outils adaptés. Mais on ne combat pas un ennemi sans le connaitre. Revenons donc aux origines de la fracture numérique, de la même façon que nous disséquerions un langage pour mieux surmonter ses difficultés. 


Une grammaire nouvelle et déstabilisante 


Naviguer sur internet ou utiliser un ordinateur déstabilise beaucoup de personnes car il s’agit d’un ré-apprentissage total des formes de communication. Cela peut sembler incongru pour une personne à l’aise avec ces outils, mais l’idée même de savoir où (et comment) cliquer pour ouvrir un navigateur web ou accéder à un site représente un défi pour certains. Comment voulez-vous déclarer vos impôts en ligne lorsque le concept même d’identifiant, de mot de passe ou d’adresse mail ne vous dit rien ? Le numérique comme langage, c’est d’abord une grammaire, un ensemble de règles élémentaires à suivre pour être à l’aise. À cause de l’âge ou d’un déficit de formation, beaucoup de personnes ne peuvent mécaniquement pas progresser dans leur usage du numérique à cause de ce manque d’automatisme. 

Un vocabulaire technique et exigeant


Login, cache, mot de passe, spam… Lorsqu’il s’agit du numérique, l’utilisateur non-aguerri peut vite être enseveli sous un déluge de mots nouveaux - souvent des anglicismes - qui rendent inaccessible la compréhension des tâches à effectuer. L’emploi de termes immédiatement intelligibles par les utilisateurs représente un défi plus ardu qu’il n’y parait pour les concepteurs de sites web, et qui est souvent négligé. Si les sites gouvernementaux fournissent un effort croissant pour faciliter l’accessibilité de leurs plateformes, la piste du vocabulaire est une raison pertinente pour expliquer pourquoi tant d’individus demeurent exclus du numérique. 




Un challenge cognitif pointu et démotivant


Pensez-y : être à l’aise avec le numérique implique d’avoir intériorisé tout un schéma de pensées et d’actions propres à l’architecture particulière de la « toile ». À l’inverse, imaginez la difficulté de compréhension que peut occasionner le numérique pour quelqu’un qui ne le croise pas au quotidien dans sa vie. Se rappeler des actions précédemment effectuées, savoir où et comment cliquer pour être bien pris en compte ou encore pouvoir rechercher une information importante, requiert une plasticité cérébrale qui ne s’obtient que par la répétition et la fréquence d’utilisation. Un véritable obstacle qui peut vite prendre la forme d’une montagne infranchissable sur le chemin de l’accès au numérique. 

Un lien social effacé et négligé


Quoi de plus déstabilisant que de « parler » à une machine ? La plupart des interfaces web actuelles, même lorsqu’elles font la part belle à l’ergonomie, n’échappent pas à une certaine froideur. Face à une cascade de lettres et de chiffres, sur un écran blanc, et des tournures de langage impersonnelles, la plupart des usagers peuvent ressentir un manque : celui de communiquer à l’un de ses semblables, capable de l’aider et de l’aiguiller dans ses difficultés. Les ordinateurs restent des outils composés d’électricité, de plastiques et de circuits imprimés. Pas la meilleure solution pour mettre en confiance des utilisateurs mal à l’aise avec leur usage. 

Mieux disséquer les problèmes rencontrés par les exclus du numérique dans la quête d’un accès au numérique juste et égalitaire permet de mieux comprendre l’ampleur du problème et la taille du défi à relever. Bonne nouvelle : des solutions existent ! Et tout commence par quelques principes directeurs, que nous nous efforçons d’appliquer. 



Les solutions pour répondre à l’illectronisme

  • Impliquer l’usager dès la conception du produit 

Pour un numérique plus juste, reprenons du début. Il faut se rappeler pourquoi tous ces produits numériques existent : rendre service aux humains. Il est donc nécessaire d’impliquer les usagers (en particulier les moins à l’aise avec le digital) dès la conception du produit. C’est ainsi qu’il sera plus facile de répondre à leurs attentes, leurs demandes ou de répondre au mieux à leurs difficultés quotidiennes. 

  • Rendre accessible les points de contact avec le numérique 

Un numérique déconnecté, en plus d’être un beau paradoxe, constitue ce qui peut arriver de pire dans la démocratisation de son accès. Déconnecté de la vie des gens, de leur quotidien, de leurs lieux de vie… le numérique centré sur l’ordinateur ou le smartphone personnel est voué à pérenniser la fracture dont souffrent des millions de personne. Il est urgent de penser « points de contact » et d’instaurer rapidement des lieux de rencontre physiques et ludiques avec le numérique pour mieux le faire interagir avec tout le monde. 

  • Sortir du triptyque « clavier - souris - navigateur »


Et oui, votre matériel habituel n’est pas la seule façon d’accéder au digital. Nous avons des doigts et une voix, n’hésitons pas à nous en servir ! Nous prenons ce problème à bras le corps en concevant au sein de nos cabines des interfaces simplifiées, au fonctionnement minimaliste, pilotable au doigt grâce à une tablette tactile. Il est aussi tout à fait possible d’imaginer à terme des commandes vocales, comme il en existe déjà sur les assistants type Google Home, Siri ou Alexa. Cette approche nous permet de contourner les blocages liés à l’utilisation d’un matériel souvent déstabilisant pour les non-initiés. 

  • Remettre de l’humain au coeur des interactions digitales

Plus que jamais, nous devons sortir de l’ornière de l’illectronisme en nous aidant de l’humain. Non à la déshumanisation des machines qui occasionne une perte de sens et d’identité ! Oui aux rapports directs et apaisants ! Nos cabines WeeM avant tout sont conçues comme des lieux de vie, avec un fauteuil confortable, une atmosphère saine et chaleureuse, et la possibilité de joindre rapidement un humain en chair et en os pour vous aider dans vos recherches. C’est bien le  minimum à faire pour réconcilier les citoyens en froid avec le numérique qui soutient notre monde moderne.

Souhaitons que les mois et années qui arrivent soient célébrés dans l’histoire comme ceux de la bataille gagnée contre l’illectronisme, qui pose les premières pierres d’une société réellement moderne et inclusive. Le futur nous observe, soyons à la hauteur.

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